Pratiques Restauratives : interview de Michaël Boutin – Pour tout public (1ère partie)

Présentation de l'interview de Michaël Boutin

Bonjour,

J’ai eu le plaisir d’interviewer Michaël Boutin sur ses Pratiques Restauratives (du lien humain), et notamment sur les cercles et systèmes restauratifs.

Je vous mets mes notes ci-dessous.

Il y a deux parties, une première vidéo à destination d’un public large, et une seconde vidéo à destination des personnes facilitant déjà des cercles.

Pourquoi cette vidéo ?

Dominic Barter a créé et popularisé les cercles et systèmes restauratifs bien qu’il n’y ait pas de certification à proprement parler.

C’est pourquoi, j’ai cherché à en savoir plus sur les pratiques restauratives de facilitateur afin de partager nos façons de faire.

L’idée de cet interview est que chacun puisse se faire une idée (parmi d’autres) d’application de ces pratiques restauratives en France, et pour les personnes déjà “facilitateur / trice” de pouvoir s’inspirer les uns les autres.

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Pour retrouver toutes les informations sur Michaël Boutin, rendez-vous sur

  • son site https://mb13.org,
  • Facebook/mb13.org,
  • 06.23.35.21.38,
  • ou encore contact@mb13.org

Si vous souhaitez en savoir plus sur les cercles et systèmes restauratifs, j’ai créé un page présentant brièvement ma propre interprétation :

Systèmes & Cercles Restauratifs

Bon visionage !

Avec Amour et Ouverture,

Mahdi de Quête Intérieure 

https://www.queteinterieure.com mahdi@queteinterieure.com

06.98.20.84.51

Mes notes de la vidéo

# Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai fait une session avec Dominic Barter en 2015, Julien Berlusconi en 2016. A partir de ces 2 sessions et pratiques personnelles dans divers cadres, j’ai commencé au sein de mes activités professionnelles, à proposer en 2018 des pratiques restauratives. Sous forme de séminaire de 2, 3 à 5 jours, plus ou moins immersif, plus ou moins sur l’intériorité. En particulier sur le rapport au conflit. La construction de systèmes pour rendre les communautés résiliantes. Je facilite aussi des cercles de régulation au sein de groupes.

# Avec quels types de communauté travaillez-vous ?

Je travaille d’abord à appliquer ces pratiques avec ma propre famille en adaptant au plus juste de ce que nous sommes.

Je les ai aussi pratiquées à l’Ecole démocratique « La Montagnette » que j’ai créé.

D’un point de vue professionnel, au sein dans des écoles démocratiques, auprès des équipe pédagogique et des parents. Egalement aussi pour des écolieux qui cherchent à être en équivalence de pouvoir. Et plus rarement pour des familles.

_ Pour quels types de conflits utilisez-vous le processus du CR ?

Pour des conflits principalement émotionnels au sein des familles.

Pour des conflits structurels mélangés avec de l’émotionnel interpersonnel au sein des associations et plus grandes communautés. Généralement, le conflit fait émergé qu’ils ont besoin de mieux s’organiser, de mieux se répartir les tâches. C’est souvent très lié au mode de fonctionnement et de gouvernance quelque soit le groupe.

— Votre vision des Cercles Restauratifs —

# Quelle philosophie avez-vous des cercles restauratifs ?

En quelque mots, c’est favoriser l’autonomie de la communauté. Ma philosophie, c’est de laisser de l’espace, du temps, du silence pour que ce que les gens ont besoin d’exprimer, ils l’expriment par eux-mêmes. C’est notamment d’orienter, d’influencer le moins possible sur le choix des personnes afin qu’ils en prennent une responsabilité et qui trouvent leur propre chemin.

En tant que facilitateur, je joue le rôle de miroir, je propose un cadre, je peux être révélateur et en même temps ce sont les membres de l communauté qui vont dénouer le conflit, trouver des solutions, c’est eux les acteurs de ces espaces et de ce qui ont envie et ont besoin en faire sur le moment.

_ Quelle image ou représentation avez-vous des conflits ?

J’ai été beaucoup inspiré par l’approche de Dominic Barter qui prône de « Marcher vers le conflit » : le conflit est surtout dangereux quand on cherche à l’éviter et on cherche à s’en écarter.

Cela a été mon chemin personnel de comprendre cette phrase et de travailler mon rapport au conflit pour ne pas l’éviter.

Le conflit est révélateur de la nature de nos relations de ce qui se joue entre nous. La tension vient mettre devant nos lumières ce qui coince. Et cette tension nous revient sans cesse tant qu’on ne la prend pas en considération.

Ce qui me nourrit énormément est qu’on traverse cela avec des pratiques restauratives. C’est-à-dire qu’on peut en faire quelque chose de constructif, qui nous nourrit tous, qui nous fait grandir, améliore notre fonctionnement, renforce nos liens, retrouve nos liens, nous permet de nous sentir connecter entre humains les uns les autres.

A la sortie d’une pratique restaurative, je me dis « quelle opportunité c’était d’évoluer ensemble ! ». C’est d’ailleurs le coeur de ma pratique.

En ce qui concerne, le terme de conflit, j’y associe tout ce qui est une tension relationnelle. Pour moi, les conflits sont en général basés sur des incompréhensions des personnes à certains endroits.

— Votre pratique —

# Comment pratiquez-vous dans les avant-cercles, le cercle et l’après-cercle ?

Ma pratique est d’essayer de mettre en application ce que j’avais compris de l’approche des conflits de Dominic Barter avec ses cercles, en étant dans une recherche permanente et une appropriation permanente de cet outil en fonction du besoin, de là où ça se déroule, de la communauté et pas comme quelque chose à appliquer à la lettre.

– Avant-cercle : Je fais des entretiens individuels avec les personnes concernées et invitées. Cette étape répond au besoin fondamental que chacun puisse être écouté, entendu, puisse s’exprimer pleinement, sans être interrompu, en prenant le temps nécessaire. J’essaie d’apporter le plus de concentration et de disponibilité possible. C’est un espace pour déposer, pour éclaircir.

– Le Cercle est l’espace principal pour être dans la compréhension entre nous. Chacun prend sa responsabilité dans la situation. Cette étape permet de redescendre en pression. Puis, pendant le cercle, on comprend qu’on a tous notre part de responsabilité dans le conflit. La dernière phase du cercle, à partir du moment où les tensions sont apaisées, on s’attèle à trouver comment faire concrètement pour que ça se passe mieux. Pour notamment ne pas s’en tenir juste aux échanges oraux.  Je mets beaucoup de sens dans cet aspect pratique, de concret. Ca permet à chacun de sentir que ça avance. Nous ne sommes pas dans des discussions sans fin qui pédalent dans le vide.

– Après-cercle : Cette étape est pour faire le bilan des actions concrètes qui ont été initiées. Est-ce que les actions ont été réalisées ? Si non, pourquoi ? Quelles difficultés ont été rencontré ? Est-ce qu’il faut réajuster ? Trouver d’autres choses ?

C’est aussi un espace important pour nourrir le besoin de célébration. Pour moi, cette étape permet d’ancrer le fait que la communauté a été capable de faire ce chemin, et que cela a vraiment du sens d’utiliser ce genre de pratique dans notre communauté. Chacun peut témoigner et célébrer ce qui a été accompli.

# Quels services proposez-vous aux communautés ?

## Au niveau des pratiques restauratives, je propose

  • des séminaires et notamment je favorise de prendre 4 jours minimum pour se former. Ces 4 jours peuvent prendre la forme de 2 fois 2 jours pour pouvoir les caler sur des week-ends. Ca permet de prendre le temps d’appréhender la philosophie et ne pas s’en tenir qu’aux outils.
  • des laboratoires des pratiques restauratives sur 5 jours chaque été, en mode immersif avec pension complète. J’ai envie de développer les laboratoires à d’autres moments de l’année. La dimension immersive, en passant des soirées ensemble, permet de créer des liens encore plus forts dans le groupe. En particulier travailler sur les dimensions intérieures par rapport aux conflits, travailler notre histoire personnelle avec différents outils créatifs, artistiques ou autre.
  • directement au sein de structure particulière ou pour une équipe, pour appréhender autour d’une culture commune leur rapport aux conflits, avec l’option de construire une système personnalisé de prévention, de régulation et de réponse aux conflits. Ca peut être 2 ou 3 jours selon le groupe.
  • De la facilitation de cercles, idéalement dans des communautés qui ont déjà un système en place, ça permet d’améliorer les chances d’aboutissement du cercle.

## Quelles sont vos conditions d’intervention ?

Surtout que la communauté soit d’accord sur une approche commune des conflits, ouverte à marcher ensemble vers le conflit. Que le conflit sert à quelque chose, qu’il peut être utilisé pour grandir ensemble. Je suis à l’écoute de cela quand je suis contacté par une communauté.

Egalement aussi si la communauté est en niveau d’équivalence organisationnelle et si elle ne l’est pas, que le cercle l’est. Si elle a un système pyramidal, je vérifie qu’elle a conscience que dans le cercle, l’influence du pouvoir sera interdite. Que les gens pourront vraiment parler librement dans le cercle sans avoir peur des conséquences. Ca peut passer par le fait de signer des clauses.

Vérifier que chacun est dans la participation libre et volontaire

Et autres conditions matériels comme un lieu calme.

## Comment êtes-vous rémunéré ?

C’est une notion importante pour moi avec les pratiques restauratives. J’ai été très influencé et impressionné par le travail de Dominic Barter sur la co-responsabilité financière avec une participation libre.

Je le fais à ma manière dans mes activités sous forme d’une participation consciente. Je vais du coup être transparent sur mes charges, notamment de micro-entreprise, mon transport, le temps investi, le nombre d’avant-cercle, la location de salle, etc. Je vais communiquer cela à tous les participants pour tous ensemble nous ayons conscience de cela.

Chacun est inviter à donner librement ce qui lui semble juste, en fonction de ses capacités, et de ce qui a vécu.

Je me sens « tranquille » avec cela que chacun prenne la responsabilité de donner ce qui est juste pour lui, de faire en sorte que ces évènements existent, et que je puisse continuer à partager ces pratiques que j’aime.

Comment te contacter ?

  • Site Internet : mb13.org
  • Mail : contact@mb13.org
  • Portable : 06.23.35.21.38
  • Facebook/mb13.org
  • Intervention partout en France, sauf si je connais quelqu’un à proximité que je peux recommander pour favoriser l’émergence du local.

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