Quelle est l’utilité de l’émotion de tristesse ?

Quelle est l’utilité de l’émotion de tristesse ?” est une fable que je vous propose pour redonner sa juste place à l’émotion de Tristesse et découvrir en douceur et de manière ludique ce qu’elle peut nous apprendre.


Une discussion sous forme de fable entre la tristesse et sa manager la fée Emotions pour comprendre l’utilité de l’émotion de tristesse

Tris de Tesse est dans sa cellule de prison. Elle est accusée et condamnée par les humains d’être responsable d’émotions désagréables. Ils lui ont collé la perpétuité dans une cellule vitrée totalement transparente où tout le monde peut la voir pour se souvenir de sa désagréabilité.

Tristesse tourne en rond, et elle se lamente en tapant contre les vitres de sa cellule. Tris se sent sans utilité.

« Je suis nulle.
Tu vas finir tout seule. Pour toute la vie.
Je ne pourrais jamais me faire des amis sympas. Oui, tu ne les mérite pas.
Je cause tout le temps de la peine. On me le répète bien assez. Quelle est mon utilité en tant qu’émotion de tristesse franchement ? »
(Quelques larmes perlent sur le sol.)

« Pourquoi à chaque fois que j’apparais, je ne suis pas accompagnée de la joie, de la bienveillance, de l’humour même ? Pourquoi, ça finit en pleurs. Je dois le mériter quelque part… »

Soudain, une fée apparaît. Elle tournoie autour de Tris.

Tris est surprise dans un premier temps. Très vite, elle s’est calmée pour la regarder virevolter autour d’elle. Elle la trouve belle et majestueuse. Elle a l’air d’être comme une fragrance, un doux parfum dans l’air. De ces odeurs qui peuvent vous transporter autre part l’espace d’un instant. Vous transporter dans vos souvenirs. Vous faire voyager dans vos rêves. Une fugace essence du parfum. La fée se pose devant Tris.

_ Fée : Bonjour Tris.

_ Tris, totalement subjuguée : Bonjour Tris.

_ (souriante) Bonjour, je m’appelle la Fée Émotion.

_ Bonjour La Fée Émotion. Que tu es belle.

_ Merci.

_ Les gens doivent t’aimer toi. Que tu es belle.

_ Les gens ne m’aiment pas toujours, tu sais.

_ Ah bon ?

_ Oui. Ca dépend. Ca dépend, s’ils me considèrent associée à une émotion « agréable », ils veulent me garder près d’eux, m’enfermer et quand je finis par m’enfuir après avoir fini mon travail, ils me détestent. Et s’ils considèrent que je suis associée à une émotion « désagréable », ils essaient de me chasser. Alors qu’en fait que ça ne fait que renforcer ma présence car j’ai pas fini mon travail. Ca devient plus dur de terminer.

Tris est comme surprise par ce que la fée émotion vient de lui dire.

_ Ah ouais, c’est quoi ton travail ?

_ J’apparais quand les humains ont besoin de ressentir quelque chose pour les aider à se transformer intérieurement.

_ Désolée, mais je ne comprends pas plus. Laisse tomber, je suis embêtée si je te cause de la peine.

_ Je ne suis pas assez claire. Je vais prendre un exemple. Toi, par exemple, tu es La Tristesse. Tu as une utilité en tant qu’émotion de tristesse.

_ Oui la tristesse. Oui. Je me connais. C’est moi : o). Mais je n’ai pas d’utilité.

_ Un humain ressent de la tristesse en général lorsqu’il est en manque d’affection, qu’il lui manque quelqu’un ou quelque chose.

_ Oui, ça fait sens en effet.

_ A quoi sers-tu d’après toi ? Pourquoi apparais-u à un moment précis ?

_ Ouh la la, ne me demande pas. Moi j’en sais rien. J’apparais c’est tout… Ah si, je sais, j’apparais surtout chez les faibles ? Ceux qui aiment bien pleurer ?

_ Non pas du tout. Tu n’es pas spécifique qu’à certaines personnes, qui seraient faibles ou qui auraient quelque chose à se reprocher. Tu peux te manifester chez tout le monde. Et surgir par contre d’une manière différente chez chacun. Certains vont « pleurer ». D’autres « ne pas avoir envie de parler ». Ou encore « avoir envie de rien faire ». Ou d’autres vont « avoir une boule au ventre ».

_ Ah oui, tu as raison. Je peux générer plusieurs comportements différents chez les humains. Je suis plurielle quoi.

_ Mais sais tu pourquoi tu apparais ? Est-ce que tu veux savoir ?

Tris réfléchit. Elle hésite.

_ Bah, non. Je veux dire si. En fait, j’en sais rien mais je veux bien savoir. C’est vrai ça, pourquoi j’apparais ? Je suis perplexe. Pourquoi j’apparais ? Pourquoi je leur fais ressentir ce genre d’émotions si désagréables aux humains ? C’est quand même désagréable d’ « avoir une boule au ventre » ou de « ne pas vouloir faire grand chose ».

_ Tout à fait. C’est justement ma question sur la raison de ta survenue. Si tu apparais avec, disons, des désagréments, c’est pour une bonne raison. Tu permets de remplir le vide, que les humains ressentent vis-à-vis du manque, ou la perte de quelqu’un ou de quelque chose.

_ Genre, je remplis le vide laissé par la perte de quelqu’un ou de quelque chose ?

Tris est dubitative

_ Tout à fait. Avant que quelqu’un perde cette personne ou cette chose, l’humain s’était habitué à sa présence dans sa vie. C’était un élément, une personne avec qu’il avait construit sa vie. Sur qu’il pouvait compter. Ainsi, au moment où il la perd, il ne peut plus compter sur elle. Il va devoir apprendre à faire autrement dorénavant. Faire sans cette chose ou cette personne. Et son cerveau n’est pas habitué à changer d’un coup comme ça. Il a besoin de temps pour changer, pour mener une transition d’un état d’équilibre psychologique à un autre état d’équilibre psychologique.

_ Tu vas finir par m’en vouloir mais je n’ai pas tout suivi.

_ Ce n’est pas facile à comprendre. Il n’y a pas à l’école de cours pour comprendre le pourquoi de nos agissements en tant qu’émotions, donc c’est normal que ces concepts puissent être difficile à appréhender. L’école t’apprend juste à apparaître quand il faut et faire comme tu peux.

_ Oui, c’est vrai. Personne ne m’en a jamais parlé. Merci de remettre les choses en perspective sinon je crois toujours que c’est moi qui est bête.

Tris se sent soulagée et un peu désabusée

_ Tu n’es pas bête du tout. Juste tu manques de confiance en toi. Revenons à nos moutons.

_ Des moutons ? Béééé… Non je blague.

_ Je disais donc que pour accompagner la perte de quelqu’un ou de quelque chose à quoi ou à qui l’humain tenait, tu vas permettre de combler le vide intérieur le temps qu’il apprenne à faire sans la chose ou la personne perdue.

_ Pourquoi remplir le vide ? On ne peut pas laisser le vide, juste vide ?

_ Dans la réalité, il n’y a pas de vide, juste une sensation de vide créé par la perte ou le manque. Et le risque, si ce vide, ou sensation de vide, n’est pas rempli, est que toutes les fois où l’humain pensera à cette chose ou personne perdue, son mental ira se perdre dans le vide. Son mental ne cessera pas d’essayer d’utiliser cette chose ou de communiquer avec cette personne. Il le fera en boucle. Rien dans le vide ne l’empêchera de continuer à tourner en boucle. Il ne pourra se raccrocher à rien. Comme un programme informatique à qui, on n’a pas dit qu’il devait s’arrêter. Et dans ces cas là, les séquelles cognitives sont graves. Le mental tourne, tourne, se retourne, irrémédiablement, en essayant d’utiliser la chose ou d’inclure la personne perdue dans son équation. Il peut péter un plomb à tourner en rond.

_ Du coup, je sers à quoi là-dedans ?

Tris est impatiente d’entendre la réponse de la fée Emotions. Elle est pendue à ses lèvres.

_ Tu sers à accueillir, autant de fois que nécessaire, les demandes orphelines du mental, d’utiliser la chose ou de communiquer avec la personne perdue. Notamment, tu vas aider le mental à comprendre, à entendre que cette chose ou cette personne n’est plus, n’existe plus. De plus, tu vas apporter de la douceur et de la bienveillance au mental. Petit à petit, le mental va accueillir le fait qu’il doit faire autrement. Ca peut prendre du temps. Et quand il sera prêt, il pourra passer à autre chose et utiliser de nouveaux objets ou rencontrer de nouvelles personnes.

_ Ok, du coup, il vaut mieux combler le vide par moi pour aider le mental à ne pas tourner en rond, si j’ai bien compris. Est-ce cela mon utilité en tant qu’émotion de tristesse ? Est-ce que cela veut dire aussi qu’il faut laisser la personne être triste complètement sans vouloir la consoler ?

_ Oui tout à fait. Il est important de laisser la personne passer par cette étape de tristesse indispensable. Comme les saisons. Après l’hiver, vient le printemps. Quand l’humain sera prêt au printemps, il apprécia de se connecter à d’autres humains.

_ Ah ok, merci beaucoup pour tes explications.

_ De rien, je t’en prie.

Tris est heureuse d’avoir rencontrée cette fée et aimerait en savoir plus sur elle.

_ Mais au fait, à quoi sers-tu toi ?

_ Moi, je suis là pour vous rappeler que vous, les émotions, êtes passagères. Je suis là pour vous coacher quand il faut. Que vous ne restiez pas trop longtemps sous peine d’être changée en maladie comme la dépression ou en sentiment durable comme la victimisation.

_ Ah… Oui, c’est ce qui est arrivé à ma cousine. Elle avait disparue très longtemps et puis on l’a finalement retrouvée chez un humain qui avait fini en dépression.

_ Je suis là aussi pour vous rappeler que les humains ont besoins des émotions de tristesse, mais ils ne sont pas tristes à proprement parler. La tristesse n’est pas eux. Vu que c’est toi. Tu appartiens à l’univers et tu apparais chez les humains si besoin. Leur tristesse, ou plus précisément, leur émotion de tristesse est une étape pour eux, dans leur transformation perpétuelle intérieure.

_ Ca veut dire que toutes les émotions sont passagères et qui suffit aux humains d’ « attendre » pour aller mieux ?

_ Plutôt que d’attendre, disons, qu’il leur suffit de les vivre pleinement pour qu’elles passent. En les vivant entièrement, ils profiteront pleinement de leurs bienfaits.

_ Les humains sont au courant de ça ? Parce que j’ai pas l’impression.

_ Non, ils ne sont pas tous au courant pour l’instant.

Tris a l’air un tantinet en colère.

_ C’est bien ce que je pensais. Ils m’ont bien enfermée pour de mauvaises raisons ! Je ne devais faire donc que passer moi. Au lieu de profiter de mes bienfaits, ils m’ont accusé parce qu’ils ne savent pas comment faire avec moi.

_ Oui, tout à fait. C’est pour ça que je suis là avec toi aujourd’hui : pour parler aux humains de tes bienfaits et leur expliquer que tu sais disparaître vite s’ils vivent pleinement ton émotion.

_ Merci beaucoup pour ton aide. Je comprends mieux mon utilité en tant qu’émotion de tristesse. Merci encore.

_ Tiens, voilà le chef de la prison qui arrive. Je vais lui parler.

J’espère que cette fable vous a appris quelque chose sur la tristesse en passant un moment ludique.

Avec Amour et Bienveillance,

Mahdi de Quête Intérieure

Mahdi-enqueteur

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